[Economie] La diaspora africaine de France envoie-t-elle ses 10 milliards annuels à la bonne adresse ?

Rédigé le 15/10/2019
Congo Infinite


36 millions d’Africains vivent ailleurs que sur le continent. Ils envoeint tous les ans à leurs proches l’équivalent de 70 milliards d’euros. Un chiffre en constante augmentation.

Des plateformes panafricaines réfléchissent à transformer une partie de cette manne financière en investissements pour le développement des PME du continent.

2019, année des diasporas africaines ? Un à un les pays de départ, à l’instar de l’Ethiopie, prennent la mesure de l’importance économique des 36 millions de continentaux installés partout dans le monde. En France aussi ce groupe qui a le cœur entre deux terres devrait être l’objet d’une attention toute particulière du président Macron cette année. Ce dernier a même promis d’en rencontrer les représentants dès le printemps pour les mettre au centre de sa relation avec le continent. Un peu comme les industriels du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN), qui dressent une analyse approfondie de ces 3,6 millions de Français à cheval entre deux mondes.

Dans le troisième opus des Cahiers du CIAN, un livre intitulé Les Diasporas africaines, accélératrices des économies du continent (éd. Eyrolles), Etienne Giros, son président pose d’emblée l’angle d’attaque. Ce travail est une enquête au cœur de l’argent des diasporas qui, de l’avis des deux auteurs, Bénédicte Châtel et Anne Guillaume-Gentil, pourrait être mieux utilisé par l’Afrique. Il développe l’idée maîtresse que si les envois d’argent s’opéraient différemment, ils contribueraient plus et mieux, à développer le continent.

Montants en constante augmentation
Tout commence avec deux chiffres. « Les flux financiers envoyés en Afrique par les diasporas représentent des montants en constante augmentation : 70 milliards d’euros par an, dont près de 10 milliards en provenance de la France », expose Etienne Giros, qui, depuis l’été, préside aussi le Conseil européen des affaires pour l’Afrique et la Méditerranée (EBCAM). Ces sommes colossales représentent quasi autant que l’addition des 29 milliards de dollars de l’aide publique au développement (APD) et des 42 milliards de dollars d’investissements extérieurs faits en Afrique en 2017. Si cette manne arrivait d’une manière ou d’une autre à ne plus être seulement un adjuvant à la vie quotidienne des familles du continent, si elle n’était plus seulement là pour donner un coup de pouce sur le paiement de l’école ou des soins de santé, mais qu’elle servait les investissements industriels, cela ferait de la diaspora française un acteur majeur du développement. C’est la thèse du livre.

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